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dimanche 14 juin 2026

Un officiel français accuse BlackCore d’ingérence dans les élections à New York et en Écosse

 

La société israélienne BlackCore, déjà soupçonnée d’avoir tenté d’influencer les élections municipales françaises de mars dernier, est également suspectée d’ingérence dans les élections à New York et en Écosse, ainsi que d’opérer en Angola et au Togo, a déclaré jeudi Viginum, le service français de détection de la désinformation.

Le mois dernier, Reuters a révélé que les autorités françaises soupçonnaient BlackCore d’avoir été à l’origine d’une campagne de dénigrement en ligne visant trois candidats aux élections municipales issus du parti d’extrême gauche et pro-palestinien La France insoumise (LFI).

Lors d’une conférence de presse donnée jeudi aux côtés du Premier ministre français Sébastien Lecornu, le directeur de Viginum, Marc-Antoine Brillant, a expliqué que des analyses techniques avaient mené les services jusqu’à BlackCore. Viginum a ensuite présenté un rapport détaillé sur les agissements présumés de BlackCore à travers le monde.

« Ce mode opératoire ne s’est pas limité aux seules élections municipales françaises », a-t-il indiqué. « Il semble également avoir été déployé dans le cadre d’opérations d’ingérence numérique étrangère menées dans d’autres pays ou régions, notamment en Angola, au Togo, dans le cadre des élections en Écosse, et lors des élections municipales de 2025 à New York. »

On ignore toutefois encore qui a mandaté BlackCore pour cette ingérence en France, a précisé Brillant.

« Nos enquêtes n’ont pas permis d’identifier le ou les commanditaires, si tant est qu’ils existent, derrière cette ingérence numérique étrangère », a-t-il fait savoir.

Selon Lecornu, le gouvernement français a demandé à Israël des explications sur les agissements de BlackCore. Il a également sollicité l’aide de Jérusalem, afin de tenter d’identifier les responsables de ces différentes campagnes.

« Je ne doute pas un seul instant que si un groupe privé français, opérant de surcroît depuis le territoire français, s’était livré à des opérations d’ingérence numérique en Israël, les autorités auraient réagi de la même manière envers notre ambassadeur sur place », a déclaré Lecornu.

L’ambassade d’Israël à Paris a confirmé que la France l’avait contactée, ajoutant qu’elle attendait de recevoir les détails de l’enquête française pour mener la sienne.

« Israël n’a aucune intention d’interférer dans le fonctionnement politique français, que ce soit au niveau national ou municipal », a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Les élections à New York et en Écosse également visées

Brillant n’a pas mentionné explicitement qui était visé lors des élections qui ont eu lieu l’année dernière à New York, un scrutin remporté par Zohran Mamdani. La victoire de ce dernier, qui a enthousiasmé de nombreux jeunes progressistes juifs, a en revanche effrayé les New-Yorkais pro-israéliens plus traditionnels en raison de son engagement anti-sioniste de longue date.

L’équipe de Mamdani n’a pas répondu à une demande de commentaires. Les autorités de la ville et de l’État de New York n’ont pas non plus réagi.

La police de New York (NYPD) et l’agence américaine de cyber-sécurité CISA n’ont pas encore répondu à nos demandes de réactions. Le FBI a refusé de s’exprimer.

Dans un rapport ultérieur, Viginum a annoncé avoir détecté des comptes liés à BlackCore qui ont pris pour cible John Swinney, le Premier ministre écossais. Swinney a décrit la situation à Gaza comme une « catastrophe humanitaire d’origine humaine », estimant qu’un génocide pourrait être à l’œuvre dans le cadre des combats entre Israël et le groupe terroriste du Hamas, pointant du doigt les victimes civiles, les destructions massives et les déclarations des responsables israéliens.

Ni Swinney ni son parti, le Parti national écossais, n’ont donné suite à nos demandes de commentaires. Les autorités électorales écossaises n’ont pas encore répondu à un e-mail sollicitant leurs réactions.

Les gouvernements de l’Angola et du Togo n’ont pas non plus pour l’instant commenté ces informations.

Avant d’effacer sa présence en ligne suite aux enquêtes de Reuters, BlackCore se décrivait comme « une entreprise d’élite spécialisée dans l’influence, la cyber-sécurité et la technologie, adaptée à l’ère moderne de la guerre de l’information ». Elle affirmait proposer aux gouvernements et aux campagnes politiques « des stratégies de pointe, des outils avancés et une sécurité robuste, pour façonner les récits ».

BlackCore n’a pas répondu à nos multiples demandes de commentaires.

fr.timesofisrael.com