lundi 1 juin 2026

Les nageurs de combat vont disposer d’un moyen innovant d’infiltration avec la Planche motorisée submersible

 


Pour mener des missions de renseignement et/ou de sabotage en territoire hostile, les commandos marine disposent de plusieurs moyens d’infiltration depuis la mer, dont le très récent Propulseur sous-marin de 3e génération [PSM3G], mis en œuvre grâce à un hangar de pont amovible [encore appelé Dry Dock Shelter, ou DDS] dont sont dotés les sous-marins nucléaires d’attaque [SNA] de la classe Suffren.

Muni d’un mât télescopique portant un capteur optronique et des systèmes de transmission, ce PSM3G, développé par Exail, peut emporter une dizaine de commandos marine. Ses caractéristiques sont confidentielles.

Le tracteur sous-marin est un autre moyen d’infiltration, par ailleurs aussi utilisé par les plongeurs de combat du 1er Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine [RPIMa] et du 13e Régiment de Dragons Parachutistes [RDP]. Cet engin automoteur, de dimensions réduites, augmente le rayon d’action des plongeurs [plus de dix nautiques] tout en leur permettant d’emporter une charge utile de plusieurs dizaines de kilogrammes. L’an passé, la Direction générale de l’armement [DGA] a émis un appel d’offres en vue de remplacer ceux actuellement mis en œuvre par la Marine nationale.

Dans la même veine, les commandos marine utilisent un SDV [Swimmer Delivery Vehicle], comme le Coryphene d’Alseamar. D’une longueur de six mètres pour un mètre de diamètre, ce dernier emporte deux ou trois plongeurs de combat. Doté d’un système de navigation très précis [une centrale inertielle couplée à un GPS et à un sonar multifaisceaux], il est propulsé par un moteur électrique. Mis à l’eau depuis un navire de surface, il peut parcourir plusieurs dizaines de nautiques, à la vitesse de 8 nœuds.

L’éventail de ces moyens est sur le point de s’élargir avec la «planche motorisée submersible» [PMS], développée par le major Benjamin, actuellement affecté à la Force maritime des fusiliers marins et commandos [FORFUSCO].

Bien que cet officier marinier ait récemment remporté le trophée des innovateurs dans la catégorie «opérations aéromaritimes», le ministère des Armées a, jusqu’à présent, été relativement discret sur cette innovation. Dans son bilan de l’année 2025, la DGA a seulement précisé qu’elle allait permettre de «faciliter l’infiltration des commandos par voie maritime, tout en maintenant une discrétion acoustique et radar et en préservant le potentiel physique des nageurs de combat».

Ayant, à son tour, publié son bilan annuel, l’Agence de l’innovation de défense [AID] en a dit un petit peu plus au sujet de cette Planche Motorisée Submersible, dont elle a publié une photographie [voir ci-dessus].

D’abord, cette innovation est partie du constat selon lequel les «systèmes de détection complexifient les infiltrations d’opérateurs par voie maritime en imposant de partir de plus loin pour opérer en toute discrétion», avance l’AID. En outre, poursuit-elle, la «mise à l’eau de palmeurs, l’emport de matériel, la distance et l’état de la mer» sont susceptibles de compliquer ce mode d’action.

Décrite par l’AID comme étant «un engin de mobilité flottant, motorisé et submersible», la PMS a été conçue pour «limiter l’impact sur le potentiel physique des opérateurs» [en clair : réduire leurs efforts pour atteindre l’objectif qui leur a été donné]. Mais, surtout, en cas de détection par le dispositif ennemi, elle permet aux commandos de s’extraire rapidement de la zone «avec un engin motorisé discret tandis que l’aspect submersible permet de dissimuler le matériel d’infiltration».

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