dimanche 7 juin 2026

Le Pentagone relève le niveau de menace en matière de contre-espionnage concernant Israël

 

Ces dernières semaines, le Pentagone a relevé à son plus haut niveau (« critique ») l’évaluation de la menace de contre-espionnage liée à Israël, dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Jérusalem concernant la conduite de la guerre en Iran et les opérations militaires au Liban, a rapporté samedi NBC, citant des responsables américains actuels et anciens.

Cette nouvelle classification résulte de la crainte grandissante, au sein du Pentagone, qu’Israël ne mène des activités de collecte de renseignements sur les hauts responsables américains dans le but de recueillir des informations sur les délibérations internes de l’administration Trump concernant les conflits régionaux.

Selon le média, l’Agence de renseignement de la Défense (DIA) du Pentagone a relevé le niveau de menace pour Israël ces dernières semaines à « critique » dans un document interne.

L’un des responsables américains actuels a déclaré que l’évaluation du Pentagone incluait un document de sept pages, dans lequel sont décrits plusieurs incidents spécifiques qui ont suscité l’inquiétude des États-Unis.

Des responsables ont indiqué à la chaîne que les activités de collecte de renseignements menées par Israël étaient considérées comme dépassant le cadre normal de ce qui est attendu entre pays alliés en matière d’espionnage. Ils ont toutefois précisé qu’il n’était pas certain qu’un incident particulier ait motivé cette réévaluation du niveau de menace.

La Maison Blanche et l’ambassade d’Israël aux États-Unis ont toutes deux vigoureusement démenti les informations de NBC. Le Pentagone a pour sa part refusé de s’exprimer, a rapporté la chaîne.

Dans une déclaration à NBC, un porte-parole de l’ambassade d’Israël à Washington, DC, a affirmé qu’il était « totalement faux » de prétendre qu’Israël espionnait les États-Unis.

« Israël ne recueille pas de renseignements sur des entités américaines, et encore moins sur des responsables du gouvernement américain », a ajouté le porte-parole. « Les activités de collecte de renseignements d’Israël ciblent ses ennemis, et non ses alliés. Toute allégation contraire repose sur des informations erronées, ou est motivée par des considérations politiques. »

« Cette histoire est entièrement fausse. Elle provient d’une source totalement ignorante de ce qui se passe réellement », a fait savoir un responsable de la Maison Blanche dans un communiqué.

Cette nouvelle évaluation conduira très probablement les représentants américains à redoubler de prudence lorsqu’ils se rendront en Israël ou qu’ils rencontreront des officiels israéliens, ont déclaré les responsables à NBC.

« Les États-Unis prennent déjà des précautions renforcées pour leurs visites en Israël, a confié l’un des responsables américains actuellement en poste. « Les Israéliens sont connus pour mener des activités de collecte de renseignements très agressives. »

Le partage quotidien de renseignements de haut niveau entre les deux alliés ne semble toutefois pas affecté, en particulier en ce qui concerne la guerre en Iran, ont-ils ajouté.

Israël s’est par ailleurs engagé à ne pas mener d’opérations de renseignement sur le sol américain – un engagement de longue date pris à la suite des tensions entre les deux États dans le sillage du scandale Jonathan Pollard.

En 1985, Pollard, alors analyste du renseignement pour la marine américaine, a été arrêté et inculpé pour espionnage au profit des services de renseignement israéliens du Mossad. Un an plus tard, il a plaidé coupable. Il a purgé une peine totale de 30 ans de prison avant d’être libéré en 2015. Cet incident demeure une source de discorde entre les services de renseignement israéliens et américains, alors que leurs relations en matière de défense sont par ailleurs considérées comme parmi les plus rapprochées au monde.

Cette réévaluation du niveau de menace intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu concernant l’avenir de la guerre contre l’Iran et des opérations militaires d’Israël contre le Hezbollah au Liban.

Selon certaines informations, Netanyahu a fait pression pour la reprise des frappes contre l’Iran, s’opposant aux efforts diplomatiques de Trump visant à conclure un accord avec Téhéran, tout en résistant aux pressions américaines qui souhaitent restreindre les opérations au Liban.

En début de semaine, Trump a confirmé avoir traité Netanyahu de « p*** de fou » au cours d’un entretien téléphonique tendu au sujet du conflit entre Israël et le Hezbollah. Il a cependant ajouté qu’il respectait Netanyahu et que leur collaboration était « excellente ».

Barak Ravid, d’Axios, a cité un responsable américain qui a résumé comme suit les propos de Trump à l’adresse de Netanyahu : « T’es un p*** de fou. Sans moi, tu serais en prison. C’est moi qui te sauve la peau. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça. »

Cet échange téléphonique s’est déroulé dans un contexte marqué par l’escalade du conflit au Liban. Israël avait menacé de frapper la capitale, Beyrouth, en représailles aux attaques meurtrières menées par des drones et des roquettes du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran. Téhéran, qui a associé cette escalade à sa propre guerre avec les États-Unis, a pour sa part conditionné la poursuite des négociations en vue d’un cessez-le-feu au retrait d’Israël hors du Liban.

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