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jeudi 25 juin 2026

La Suisse mène des négociations avec plusieurs pays pour se procurer un second système de défense aérienne

 

En juillet 2025, la Suisse fut prévenue par les États-Unis que les cinq batteries de défense aérienne qu’elle avait commandées trois ans plus tôt n’allaient pas lui être livrées dans les délais convenus, la priorité devant alors aller à l’Ukraine. En mai dernier, il était question d’un retard d’au moins cinq ans et d’une hausse «considérable» des coûts.

Aussi, ayant impérativement besoin d’une capacité de défense aérienne avant 2030, le département de la Défense, de la Protection de la population et des Sports [DDPS] lança une procédure pour se procurer un second système auprès d’un autre fournisseur dans les délais les plus brefs. À cette fin, il sollicita des industriels originaires de France, d’Allemagne, d’Israël et de Corée du Sud.

Par ailleurs, le DDPS suspendit les versements au fonds de dépôt pour l’achat des systèmes Patriot, tout en n’écartant pas l’hypothèse d’une annulation de sa commande.

Seulement, il apparut que l’administration américaine utilisait les paiements effectués par la Suisse pour ses futurs chasseurs-bombardiers F-35A et l’approvisionnement en pièces détachées de F/A-18 Hornet pour alimenter le compte dédié à la commande des batteries Patriot. Commande pour laquelle Berne avait déjà payé 650 millions de francs suisses à titre d’acompte.

Telle était la situation jusqu’au 24 juin… car, ce jour-là, il s’est produit ce que certains titres de la presse suisse ont qualifié de «coup de théâtre». En effet, le DDPS a annoncé la reprise des paiements destinés aux systèmes Patriot, qu’il pourrait finalement recevoir en 2027, comme prévu.

«Les paiements destinés à l’achat du système Patriot sont repris afin que le projet puisse avancer avec le moins de retard possible et sans surcoûts excessifs. Cette mesure vise également à ne pas compromettre d’autres acquisitions en provenance des États-Unis», a en effet annoncé le Conseil fédéral, via un communiqué. De facto, il n’est plus question d’une éventuelle annulation de commande.

Lors d’une conférence de presse, le ministre de la Défense, Martin Pfister, et le directeur de l’office fédéral de l’armement [Armasuisse], Urs Loher, ont affirmé que les forces suisses avaient désormais des chances «réalistes» de «recevoir un, voire deux systèmes Patriot dès 2027».

Selon les explications avancées par le site d’information Watson, ayant accepté de prélever deux batteries Patriot dans la dotation de la Bundeswehr pour les céder à l’Ukraine, l’Allemagne avait obtenu des États-Unis d’être prioritaire pour les remplacer rapidement. D’où la décision de lui livrer celles initialement destinées à la Suisse.

Seulement, les spécifications de ces deux batteries Patriot, propres à la Suisse, ne conviennent pas à la Bundeswehr. D’où des discussions entre Berne, Berlin et Washington pour trouver une entente, l’une des solutions étant que l’Allemagne renonce aux systèmes qui lui ont été attribués, à la condition que les États-Unis soient d’accord.

Quoi qu’il en soit, cette évolution du dossier ne remet pas en cause le projet de la Suisse de se procurer un second système de défense aérienne.

«Compte tenu de la détérioration de la situation en matière de sécurité, la Suisse doit être rapidement en mesure de se défendre contre les attaques à distance. C’est pourquoi le Conseil fédéral continue ses démarches en vue de l’acquisition d’un second système», lequel «permettrait de réduire la dépendance vis-à-vis d’un seul fournisseur et d’une chaîne d’approvisionnement unique et, par conséquent, de renforcer la sécurité dans ce domaine», a en effet expliqué Berne.

Cela étant, la liste des fournisseurs potentiels s’est réduite, la solution allemande [a priori l’IRIS T SLX de Diehl Defence] ayant été finalement écartée, après l’examen des données reçues dans le cadre d’une demande d’informations [RFI – Request for Informations] émise il y a quelques semaines.

«Le Conseil fédéral a chargé le DDPS d’entamer des négociations contractuelles avec des fabricants français, israéliens et sud-coréens en vue de l’acquisition d’un second système de défense sol-air de longue portée offrant un niveau de protection comparable à celui du système Patriot. Les premières informations recueillies jusqu’à fin mai indiquent que les systèmes de ces fabricants répondent en principe aux exigences militaires et obtiennent les meilleurs résultats en termes de rapport coût-efficacité», a indiqué l’exécutif suisse.

Si les systèmes envisagés n’ont pas été précisés, le choix devrait se faire entre le L-SAM de Hanwha Aerospace, le David’s Sling [ou «Fronde de David»] de Rafael, le Barak MX d’Israel Aerospace Industries et le SAMP/T NG [Sol-Air Moyenne Portée / Terrestre de Nouvelle Génération] du consortium franco-italien Eurosam. Pour rappel, ce dernier avait été écarté au profit du Patriot, en 2021.

Outre les considérations sur les performances des systèmes en lice, l’industriel retenu «devra, dans la mesure du possible, produire à moyen terme en Suisse ou en Europe les missiles et les systèmes de conduite, ou tout au moins leurs composants critiques», a précisé le Conseil fédéral.

En outre, a-t-il conclu, les critères déterminants seront «la disponibilité rapide et garantie, la capacité effective de protection contre les menaces à distance, la compatibilité avec le contexte d’engagement suisse ainsi qu’un approvisionnement fiable en munitions et en pièces de rechange.»

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