Ce processus implique le remplacement des lanceurs de missiles, des sites de déploiement et des capacités de production des principaux systèmes d'armes détruits lors du conflit.
Par ailleurs, l'Iran a relancé certaines chaînes de production de drones pendant la période de cessez-le-feu de six semaines qui a débuté début avril 2026.
Selon les services de renseignement américains, cela signifie que l'Iran reste une menace importante pour les alliés des États-Unis dans la région si le président Donald Trump décide de reprendre les frappes aériennes.
Un responsable américain, citant des évaluations des services de renseignement, a indiqué que l'Iran pourrait rétablir pleinement sa capacité de frappe par drones en six mois, bien que le temps nécessaire à la reproduction de chaque type d'arme varie. « L'Iran a dépassé tous les délais de reconstruction fixés par les services de renseignement », a déclaré ce responsable.
Les capacités de l'Iran en matière de drones sont particulièrement préoccupantes pour ses alliés américains. En cas d'escalade du conflit, Téhéran pourrait compenser la diminution de son arsenal de missiles en intensifiant l'utilisation de drones pour attaquer Israël et les pays du Golfe situés à portée.
Le président américain Donald Trump a averti à plusieurs reprises qu'il reprendrait les opérations militaires contre l'Iran si les deux parties ne parvenaient pas à un accord pour mettre fin au conflit.
La rapidité du rétablissement de l'Iran s'explique par plusieurs facteurs, notamment le soutien de ses alliés et partenaires, ainsi que par le fait que les attaques américaines et israéliennes n'ont peut-être pas causé le niveau de dégâts revendiqué par les deux camps.
Selon les dernières évaluations des services de renseignement américains, l'Iran a conservé d'importantes capacités en matière de missiles balistiques, de drones et de défense aérienne, malgré les frappes aériennes américaines et israéliennes. Cela signifie que le processus de reconstruction militaire de Téhéran ne part pas de zéro, mais s'appuie sur les capacités militaires subsistant après le conflit.
Les services de renseignement américains estimaient auparavant qu'environ la moitié seulement des lanceurs de missiles iraniens étaient encore opérationnels après les frappes américaines. Cependant, un nouveau rapport porte ce chiffre à environ deux tiers. Selon certaines sources, le cessez-le-feu a permis à l'Iran de remettre en service de nombreux lanceurs qui avaient été enfouis mais non complètement détruits.
Selon des sources du renseignement américain, l'Iran possède encore des milliers de drones, soit environ 50 % de sa capacité en la matière d'avant le conflit.
Par ailleurs, la majorité des missiles de croisière de défense côtière iraniens seraient restés intacts. Ces systèmes n'étaient pas la cible des frappes aériennes américaines. Ces missiles jouent un rôle crucial dans la capacité de l'Iran à contrôler le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, voie de transport stratégique pour l'approvisionnement mondial en énergie.
Selon de récentes évaluations des services de renseignement américains, Téhéran a démontré sa capacité à limiter l'impact à long terme des attaques grâce à un rythme de reconstruction relativement rapide. Cela se manifeste notamment par ses efforts pour restaurer son industrie de défense, un secteur que le commandant du CENTCOM américain, l'amiral Brad Cooper, a qualifié de gravement endommagé lors de la campagne militaire américano-israélienne.
Lors d'une audition devant la commission des forces armées de la Chambre des représentants, Cooper a déclaré que l'opération « Terreur » avait « considérablement affaibli les capacités de l'Iran en matière de missiles balistiques et de drones et détruit 90 % de sa base industrielle de défense », laissant Téhéran « incapable de se reconstruire pendant des années ».
Cependant, cette déclaration semble contredire de nombreuses évaluations internes des services de renseignement américains. Deux sources indiquent que les données disponibles ne reflètent pas pleinement l'ampleur des dégâts décrite par le commandant du CENTCOM. Selon ces évaluations, les dommages subis par l'industrie de défense iranienne pourraient ne ralentir le processus de reconstruction que de quelques mois, et non de plusieurs années comme l'affirme l'armée américaine.
Ces sources ont également souligné que plusieurs composantes clés de la base industrielle de défense iranienne restent intactes, permettant à Téhéran d'accélérer le rétablissement de certaines capacités militaires stratégiques.