jeudi 14 mai 2026

Les chefs du Mossad et du Shin Bet seraient venus en secret aux EAU pendant la guerre avec l’Iran

 

Selon des informations qui ont été révélées mercredi, les chefs des deux principales agences de renseignement israéliennes auraient effectué des visites distinctes aux Émirats arabes unis ces derniers mois, en particulier pendant la guerre avec l’Iran.

Ces déplacements semblent avoir été les derniers signes en date d’une coopération accrue entre les deux pays pendant le conflit, notamment en matière de coordination des attaques contre l’Iran, de partage de renseignements, de détection et d’interception de missiles et de drones iraniens, ou encore de choix de cibles iraniennes.

Le chef du Mossad, David Barnea, serait ainsi allé aux Émirats arabes unis au moins deux fois au cours de la guerre avec l’Iran pour s’entretenir avec de hauts responsables émiratis, a rapporté le Wall Street Journal dans un article qui a été publié mercredi, citant les propos tenus par des responsables arabes et d’autres sources.

Ces entretiens, dont ni Israël ni les Émirats arabes unis n’ont fait officiellement état, devaient permettre une « coordination » entre Jérusalem et Abou Dhabi au sujet de la guerre, a indiqué le journal.

Les rencontres ont eu lieu au mois de mars et au mois d’avril, ont révélé les sources au Journal, qui ont ajouté que Barnea s’était secrètement rendu dans cet État du Golfe au moins deux fois durant la guerre.

Le cabinet du Premier ministre et le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis ont refusé tout commentaire pour les besoins de cet article. Une source a néanmoins confirmé au quotidien Haaretz les visites de Barnea aux Émirats arabes unis.

Par ailleurs, David Zini, le directeur de l’agence israélienne de sécurité intérieure et de renseignement du Shin Bet, s’est également rendu aux Émirats arabes unis ces dernières semaines, a rapporté mercredi la chaîne publique Kan.

À l’instar du déplacement de Barnea, la visite de Zini a eu pour objectif de renforcer la coordination entre les services de renseignement israéliens et les services de renseignement et de sécurité des Émirats arabes unis.

Ni Israël ni les Émirats arabes unis n’ont néanmoins confirmé ce déplacement de Zini.

Le Wall Street Journal, dans un précédent article, avait indiqué que les Émirats arabes unis avaient mené des frappes militaires en Iran au début du mois d’avril. Ces frappes, qu’Abou Dhabi n’a pas reconnues officiellement, avaient notamment visé une raffinerie située sur l’île de Lavan, en Iran, dans le golfe Persique.

L’attaque avait eu lieu au début du mois d’avril, selon l’article, et elle avait, semble-t-il, coïncidé avec l’annonce d’un cessez-le-feu par le président américain Donald Trump. L’article ne précisait toutefois pas si elle avait eu lieu avant ou après cette déclaration.

L’Iran avait alors reconnu que le site avait été attaqué par un ennemi non identifié, avant de riposter par des tirs de missiles et de drones contre les Émirats arabes unis et contre le Koweït, a souligné le Journal.

L’attaque de l’île de Lavan est le seul exemple concret de participation des Émirats arabes unis au conflit mentionné dans l’article.

Au cours de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, Téhéran a mené des attaques soutenues contre les Émirats arabes unis, lançant quelque 550 missiles balistiques et de croisière ainsi que plus de 2 200 drones en direction du territoire, selon le ministère émirati de la Défense, ce qui a fait de cet État le pays qui a été le plus pris pour cible par la république islamique dans la région – Israël compris.

Selon des responsables américains qui se sont exprimés cette semaine, Israël, afin de protéger son allié dans le cadre des Accords d’Abraham, a fourni aux Émirats arabes unis une batterie du système du Dôme de fer, accompagnée de soldats chargés de la faire fonctionner. Cette information a ensuite été confirmée par l’envoyé israélien.

Washington, d’après le Journal, a positivement accueilli la participation d’Abou Dhabi à la guerre, suite au refus d’autres États du Golfe de s’engager activement dans le conflit.

Au lendemain de la publication de l’article du WSJ, Reuters a toutefois rapporté, citant les propos tenus par des responsables occidentaux et iraniens, que l’Arabie saoudite avait lancé de nombreuses frappes contre l’Iran, sans les rendre publiques, en représailles aux attaques menées sur le territoire du royaume pendant la guerre.

Ces attaques, qui avaient été menées par l’armée de l’air saoudienne, auraient eu lieu fin mars, ont déclaré les deux responsables occidentaux. L’un d’eux s’est simplement contenté d’évoquer des « représailles en réponse aux frappes subies par le royaume ».

Invité à commenter ces informations, un haut responsable du ministère saoudien des Affaires étrangères n’a pas souhaité s’exprimer directement sur la question de savoir si des frappes avaient bien eu lieu.

L’Arabie saoudite, qui entretient des relations militaires étroites avec les États-Unis, compte traditionnellement sur l’armée américaine pour sa protection. Mais cette guerre de dix semaines a fragilisé le royaume face à des attaques qui ont transpercé le parapluie militaire américain.

Depuis le début du conflit, l’Iran a bombardé les six États du Conseil de coopération du Golfe à l’aide de missiles et de drones, ciblant non seulement des bases militaires américaines, mais aussi des sites civils, des aéroports et des infrastructures pétrolières. Téhéran a également fermé le détroit d’Ormuz, bouleversant le commerce mondial.

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