Restructuration douloureuse, moyens insuffisants, démissions en cascade: le Service de renseignement de la Confédération traverse une mauvaise passe. Son nouveau directeur Serge Bavaud, entré récemment en fonction, indique jeudi dans La Matinale avoir fait de la satisfaction du personnel une priorité.
Serge Bavaud reprend les rênes d'un service où le moral n'est pas au beau fixe. Une enquête a montré que seul un employé du SRC sur trois se disait satisfait de la direction en 2024.
Le Fribourgeois reconnaît qu'une fatigue s'est installée au sein du personnel. Selon lui, l'ambiance de travail est aujourd'hui caractérisée par une "grande ambiguïté". "Nos collaborateurs sont extrêmement motivés. Les postes mis au concours reçoivent plusieurs centaines de candidatures. Par contre, la charge était effectivement très grande. Vivre des restructurations n'est jamais facile et crée une fatigue mentale", affirme-t-il.
Un appel en direction du Palais fédéral
Le quinquagénaire s'est donné pour mission d'augmenter la satisfaction du personnel. Il assure dans le même temps que le SRC a toujours délivré des prestations malgré ses problèmes internes. Même si, précise-t-il, le renseignement helvétique ne peut pas aller aussi profondément qu'il le souhaiterait dans certains domaines de son cahier des charges.
Serge Bavaud estime que les ressources attribuées au SRC ne correspondent plus au niveau actuel des menaces: "Les moyens ont été donnés à une certaine période. La force de frappe n'est plus à la hauteur de l'évolution du monde", déclare-t-il. Mais ce sont les autorités politiques qui décident, ajoute-t-il. Un appel en direction du Palais fédéral à renforcer le service de renseignement.
Risque d'attaques en Suisse liées à la guerre au Moyen-Orient
"Il est possible qu'il y ait des attaques contre des intérêts américains, israéliens ou juifs en Suisse": selon Serge Bavaud, la guerre au Moyen-Orient pourrait avoir des "implications supplémentaires" sur le risque terroriste en Suisse.
"Il est possible qu'il y ait des attaques contre des intérêts américains, israéliens ou juifs", estime le directeur du SRC.
Le renseignement helvétique garde un œil sur des membres de diasporas issues des minorités chiites du Moyen-Orient, qui "pourraient soutenir de telles actions". Le chef du SRC mentionne notamment le Hezbollah libanais, soutenu par Téhéran, comme groupe d'affiliation de ces personnes sous surveillance.
Pietro Bugnon
Antoine Michel