À travers la métaphore du « code source », cet article propose une lecture géopolitique des crises contemporaines. En appliquant une logique d’ingénierie inverse à plusieurs conflits récents, il suggère l’existence de mécanismes stratégiques récurrents mêlant énergie, influence et guerre de l’information.
L’Histoire n’est pas une palanquée d’évènements dévidée à la queue leu leu à la manière de l’AFP ou de Reuters. Elle peut, en revanche, être vue comme un puzzle numérique où chaque logiciel[1] contient des secrets qui attendent d’être démêlés. Les historiens et les politologues ne font ni plus ni moins qu’emprunter aux informaticiens la méthode dite de l’ingénierie inverse (reverse engineering) pour isoler une chaîne de causalité et la soumettre à l’ordinateur et remonter ainsi jusqu’à qu’à son code source[2], afin d’en interpréter alors au mieux le sens et la portée.
Cet outil puissant de rétro-ingénierie leur permet de déceler et de synthétiser a posteriori les plans de conception, les données d’application ou les processus de fabrication des crises, y compris les guerres et, de ce fait, le moyen de dénouer – sans le trancher nécessairement – le nœud gordien qui a été tressé.
S’agissant des quatre crises d’Ukraine, de Gaza, du Venezuela et d’Iran, le logiciel est parvenu à la conclusion suivante, qui se révèle être sans conteste aucun : ces quatre agressions, programmées à partir d’un même code source, ont été méthodiquement préparées et déclenchées de conserve par le moyen d’un faisceau de mécanismes successifs (à commencer par un entrelacs de sanctions) aussi intriqués que directifs ; et selon des séquences identiques, ayant le même premier terme et la même raison, ce qui est particulièrement troublant.
Une bonne part du code source concerne le Gaz et le Pétrole d’une part, leurs « routes [3]» d’autre part et l’hégémonie du Dollar américain sur le commerce international, contestée par les BRICS+, enfin.
There is no free lunch !
Mais les prétextes invoqués sont toujours les mêmes, adaptés toutefois aux vieux poncifs (toujours porteurs dans l’opinion) du néo-soviétisme poutinien, de l’expansionnisme israélien, du narcotrafic latino-américain et du risque de prolifération nucléaire en République Islamique d’Iran.
Autre révélation du code source dévoilé : la vieille Europe a été, au préalable, promptement déshabillée de ses colonies et ainsi dépossédée de ses comptoirs au profit des Américains, des Russes et des Chinois ; elle y est réduite à un rôle de spectateur et aux fonctions de consommateur (à la fois de biens, de services et de bobards). La France est devenue l’ombre d’elle-même. Quant aux Institutions gravitant autour de l’ONU, elles se sont vues délestées de toute influence – y compris l’AIEA et jusques au Conseil de Sécurité, qui ne sert plus à rien, paralysé par l’usage intempestif du veto.
Mais l’évidence la plus formelle et la plus invraisemblable à laquelle ledit logiciel a abouti est la constatation catégorique que chaque crise, chacune des quatre guerres (celle du Venezuela est « larvée ») auraient été systématiquement précédées par le conditionnement de l’opinion internationale en défaveur de l’agressé, au moyen d’une action ou d’un geste apparemment imputables à l’adversaire alors que ce dernier, désormais prisonnier d’une image de marque encore plus désastreuse qu’auparavant, n’en était pas l’instigateur premier.
- du bombardement d’embarcations et de positions à terre de soi-disant narcotrafiquants » vénézuéliens[4] ;
- du « 7 Octobre »
- des manifestations de Janvier 2026 en Iran.