Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

lundi 9 mars 2026

Espions, sabotage et frappes ciblées contre les défenses antiaériennes iraniennes

 

En juin 2025, Israël a mené une offensive d'une ampleur inédite contre l'Iran, neutralisant en quelques heures 300 cibles militaires stratégiques. Cette opération reposait sur des années de préparation clandestine menée par le Mossad.

La capacité d'Israël à frapper en profondeur sur le territoire iranien repose sur un réseau d'espionnage construit depuis des décennies. Le 13 juin 2025, cette infrastructure clandestine s'est activée pour neutraliser les défenses antiaériennes et les sites de missiles avant l'offensive aérienne israélienne. L'opération clandestine du Mossad en Iran a mobilisé plus de 100 agents déployés simultanément, une première dans l'histoire du service de renseignement israélien.

Des agents iraniens recrutés par haine du régime

Bon nombre de ces recrues ont reçu une formation spécialisée pour manipuler des systèmes d’armement guidés et des drones explosifs. ProPublica indique que le renseignement israélien a mis en place des canaux de communication sécurisés. Grâce à eux, les opérations pouvaient être coordonnées sans attirer l’attention des services iraniens. De plus, les agents ont opéré par cellules indépendantes pour limiter les risques de démantèlement.

Leur mission principale consistait à placer des équipements militaires à proximité immédiate des sites stratégiques iraniens. Ces agents ont également fourni des renseignements en temps réel sur les mouvements des forces armées iraniennes, permettant aux planificateurs israéliens d'affiner leurs cibles. La dimension humaine de cette opération a joué un rôle déterminant dans sa réussite.

Le recrutement s'est étendu sur plusieurs années, avec un pic d'activité avant l'offensive de juin 2025. Les agents ont été payés via des circuits financiers opaques pour éviter toute traçabilité. Certains ont donc agi par conviction idéologique, d'autres pour des raisons financières ou personnelles.

Drones et missiles dissimulés pendant des mois dans le territoire ennemi

Le Mossad a orchestré une campagne d'infiltration d'armement sur le sol iranien bien avant le déclenchement de l'offensive. Selon le WSJ cité par The Times of Israel, des centaines de quadricoptères explosifs ont été introduits en Iran via des canaux commerciaux légitimes. Ces drones ont été dissimulés dans des valises, des camions de marchandises et même des conteneurs maritimes.

Ces équipements ont été entreposés dans des caches disséminées sur le territoire iranien, notamment près de Téhéran et dans les provinces abritant des installations militaires sensibles. Les agents locaux ont assuré la maintenance et la surveillance de ces stocks pendant des mois. Par ailleurs, Euronews évoque la mise en place d’une véritable base de drones en territoire ennemi. Elle permettait de lancer des frappes immédiates sans engager d’appareils venus de l’extérieur.

Dans le même temps, des systèmes d’armement guidés ont été installés près de certaines batteries de défense antiaérienne iraniennes. Leur positionnement n’était pas anodin. Ils pouvaient être activés à distance au moment jugé opportun. Une telle logistique exigeait une coordination étroite entre les agents sur place et les centres de commandement israéliens.

L’objectif consistait à contourner les défenses iraniennes en frappant depuis l’intérieur. Les drones dissimulés ont ainsi permis de neutraliser plusieurs cibles sans exposer l’aviation israélienne. De plus, l’emploi de technologies civiles détournées a rendu la détection beaucoup plus difficile pour les services de renseignement adverses.

L'opération clandestine du Mossad en Iran frappe 300 cibles en quelques heures

Dans la nuit du 13 juin 2025, les équipes infiltrées ont déclenché les dispositifs installés à l’avance. L’opération a été menée de façon quasi simultanée. Selon Axios, les frappes ont d’abord ciblé les batteries de défense aérienne, les dépôts de missiles balistiques et plusieurs installations nucléaires. En quelques heures, près de 300 objectifs ont été touchés. L’Iran s’est ainsi retrouvé privé d’une part importante de sa capacité de riposte.

Sur le terrain, des agents ont ensuite guidé les drones vers leurs cibles. En parallèle, ils transmettaient des informations en temps réel aux forces aériennes israéliennes. Cette coordination entre sabotage interne et frappes aériennes a rapidement semé la confusion dans le commandement iranien. Déjà fragilisés par les premières attaques, les systèmes antiaériens ont eu du mal à suivre. Les raids qui ont ensuite frappé le territoire ont donc rencontré une défense désorganisée.

L’opération a surtout révélé l’ampleur de l’infiltration israélienne en Iran. Le Mossad semble avoir pénétré des cercles sécuritaires pourtant réputés difficiles d’accès. Sous l’effet du sabotage, Téhéran a dû revoir une grande partie de ses protocoles de sécurité intérieure. Plusieurs généraux des Gardiens de la révolution figuraient aussi parmi les cibles. Leur disparition a encore compliqué la chaîne de commandement.

Cette offensive marque un tournant dans les méthodes de guerre hybride combinant espionnage humain, sabotage prépositionné et frappes conventionnelles. Les capacités de riposte iraniennes ont été réduites de manière significative, retardant toute réponse militaire coordonnée. L'opération a également mis en lumière la vulnérabilité des infrastructures critiques face à des menaces internes coordonnées sur une longue période.

Auriane Polge

science-et-vie.com