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vendredi 5 avril 2024

Un suspect de l'attentat de Moscou possédait du contenu pro-ukrainien

 

Les enquêteurs russes ont trouvé du contenu pro-ukrainien sur le téléphone de l'un des auteurs présumés de l'attentat à Moscou fin mars. La Russie continue d'accuser l'Ukraine d'être impliquée dans ce massacre, malgré la revendication jihadiste. 

«Un lien entre l'acte et l'opération spéciale»

Le Comité d'enquête russe a indiqué vendredi avoir pu récupérer les données des téléphones portables des suspects et avoir trouvé chez l'un d'entre eux «des photos de personnes camouflées en uniforme avec un drapeau ukrainien sur fond de maisons détruites», ainsi que l'image d'un «timbre ukrainien avec un geste obscène». Cette référence peut correspondre à un timbre très populaire en Ukraine montrant l'image d'un soldat ukrainien faisant un doigt d'honneur au navire amiral de la flotte russe de la mer Noire, coulé en avril 2022.

Selon les enquêteurs russes, «ces données peuvent indiquer un lien entre l'acte terroriste et l'opération militaire spéciale» menée par Moscou en Ukraine, utilisant l'euphémisme imposé par le Kremlin pour qualifier l'assaut en Ukraine. Le Comité d'enquête dit «vérifier l'implication de représentants des services spéciaux ukrainiens et d'organisations terroristes islamistes internationales dans l'organisation et le financement de l'acte terroriste» à Moscou.

Le Comité d'enquête, l'organe chargé des principales investigations criminelles en Russie, a affirmé jeudi dans ce contexte avoir de nouveaux éléments prouvant selon lui une piste ukrainienne. "Le travail avec les terroristes détenus, l'examen des dispositifs techniques saisis sur eux et l'analyse des informations sur les transactions financières ont permis d'obtenir des preuves de leurs liens avec les nationalistes ukrainiens", a assuré le Comité sur Telegram.

D'après cet organisme, les quatre assaillants ont par ailleurs reçu d'"importantes sommes d'argent et des cryptomonnaies en provenance d'Ukraine, qui ont été utilisées pour la préparation de ce crime".

Au moins 144 morts

Pour rappel, le 22 mars, des hommes armés ont pénétré dans la salle de concert Crocus City Hall, près de Moscou, avant d'ouvrir le feu sur la foule et de mettre le feu au bâtiment. Au moins 144 personnes sont mortes et 360 ont été blessées dans cette attaque revendiquée par l'EI. Plus d'une dizaine de suspects ont été arrêtés, dont les quatre assaillants présumés, originaires du Tadjikistan, une ex-république soviétique d'Asie centrale où l'EI est actif.

Si le président Vladimir Poutine a admis que l'attentat de Moscou a été commis par des «islamistes radicaux», les autorités russes y voient une piste ukrainienne, voire une complicité des Occidentaux. L'Ukraine, qui nie fermement, accuse la Russie de vouloir «rejeter la faute» sur elle.

AFP