La justice américaine tente d’établir si le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a conspiré avec un ancien analyste du renseignement militaire soupçonné d’avoir transmis des documents classés extraits des serveurs du Pentagone et du département d’Etat, selon le «New York Times»
L’objectif du département américain de la Justice est de déterminer si Julian Assange a incité ou aidé le soldat Bradley Manning à faire fuiter ces documents. S’ils y parviennent, les procureurs fédéraux pourraient inculper le responsable de WikiLeaks de conspiration, ajoute le journal qui cite une source proche de l’affaire.
Les procureurs examineraient notamment une discussion électronique entre Bradley Manning et un ancien pirate informatique, Adrian Lamo, qui a prévenu les autorités. Manning s’y targuerait d’avoir été en communication directe avec Assange alors qu’il téléchargeait les documents. Un porte-parole du département de la Justice s’est refusé à tout commentaire.
Face à l’embarras provoqué par la publication de télégrammes du département américain d’Etat, l’administration américaine étudie les moyens de déclencher des poursuites judiciaires contre le site WikiLeaks, qui pourraient s’appuyer sur une loi de 1917 contre l’espionnage.
Bradley Manning est actuellement détenu à la prison de Quantico, une base des US Marines en Virginie. Il a été inculpé en juillet dans une autre affaire liée à WikiLeaks: la diffusion d’enregistrements vidéos depuis un hélicoptère de l’armée américaine dont l’équipage a fait une dizaine de morts en 2007 à Bagdad, dont deux journalistes de l’agence Reuters.
Julian Assange est détenu lui depuis le 7 décembre dans une prison de Londres après avoir été arrêté à la demande de la justice suédoise, qui veut l’entendre sur des accusations d’agression sexuelle. Il doit comparaître ce jeudi pour tenter d’arracher sa mise en liberté conditionnelle dans l’attente d’une éventuelle extradition vers la Suède.
ATS