lundi 10 août 2026

Utilisé par les Royal Marines, un drone de surface aurait discrètement envoyé des données en Chine

 

Depuis mars, les Royal Marines mettent en œuvre le drone de surface [USV] K3 Scout, acquis à vingt exemplaires auprès de Kraken Technology Group, pour 12 millions de livres sterling, dans le cadre du programme Beehive.

D’un déplacement de 2,5 tonnes pour une longueur de 8,4 mètres, cette embarcation sans équipage peut être rapidement reconfigurée en fonction des missions qui lui sont confiées, comme la lutte antisurface, la surveillance, la protection des forces ou encore le transport. D’une endurance de 30 jours, elle peut naviguer à la vitesse maximale de 55 nœuds.

Début juillet, le ministère britannique de la Défense [MoD] s’est félicité d’une «première mondiale» après qu’un K3 Scout a été largué en pleine mer par un avion de transport A400M de la Royal Air Force [RAF], depuis une altitude de 400 mètres. Et cela grâce au système UMCADS [Universal Maritime Aircraft Aerial Delivery System], développé par Capewell.

Mais le K3 Scout vient de faire parler de lui pour une tout autre raison. Selon des informations du quotidien The Telegraph, la caméra dont il est équipé aurait envoyé des données à un serveur basé en Chine, par l’entremise d’un logiciel de type «Heartbreat», lequel permet de vérifier le bon fonctionnement d’un matériel.

Dès la découverte de cette faille, avance le journal, le MoD a supprimé «toute connectivité Internet des caméras» utilisés par ces USV. Mais cela «fait craindre que la Chine ait tenté d’espionner les forces britanniques, après des années d’avertissements sécuritaires concernant la menace que représente ce pays», souligne-t-il.

Pour équiper les K3 Scout destinés aux Royal Marine, Kraken Technology Group s’est procuré les caméras en question auprès d’un autre fournisseur, lequel aurait donné toutes les assurances nécessaires en termes de sécurité.

Au fait de ce dossier, un responsable de la défense britannique a dénoncé un «manquement majeur» en matière de contrôle. «Nous avons perdu confiance en cette plateforme», a-t-il dit, dans les pages du Telegraph.

Cela étant, le MoD a relativisé la portée de cette affaire, après avoir reconnu qu’une faille avait bien été découverte lors d’une «évaluation de routine de la vulnérabilité cybernétique» des K3 Scout. «Une enquête approfondie n’a révélé aucune preuve d’accès, de compromission ou de transmission externe des données», a assuré un porte-parole.

Et d’insister : «Nos processus d’assurance et de test sont conçus pour identifier et traiter rapidement les vulnérabilités potentielles, et nous continuons à mener des activités de sécurité de routine sur l’ensemble de nos systèmes et équipements».

De son côté, Kraken Technology Group s’est aussi voulu rassurant. «Nous savons que certaines caméras tierces conformes à la loi NDAA comportaient un petit nombre de composants provenant de l’extérieur du Royaume-Uni. […] Suite à un audit complet réalisé conjointement avec la Royal Navy, nous sommes convaincus qu’aucune information sensible n’a jamais été partagée en dehors des canaux prévus et que toutes les vulnérabilités potentielles ont été identifiées et corrigées», a expliqué un porte-parole.

Quoi qu’il en soit, cette affaire n’est pas une première pour le MoD. En avril, il a en effet été rapporté qu’une enquête avait été ouverte après que la British Army a utilisé des imprimantes 3D de facture chinoise pour fabriquer des munitions rôdeuses lors d’un exercice au Kenya.

Le ministre britannique délégué à l’Industrie de défense, Luke Pollard, avait alors expliqué que les investigations portaient sur d’éventuelles implications en matière de cybersécurité et notamment sur la façon dans les données étaient stockées, transmises et protégées.

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