samedi 29 août 2026

La piste d’un acte intentionnel n’est pas exclue pour expliquer l’incendie survenu à bord de l’USS New Orleans

 

Le 20 août 2025, alors qu’il naviguait au large de la base navale américaine «White Beach» d’Uruma [Okinawa, Japon], le navire d’assaut amphibie USS New Orleans signala qu’un incendie s’était déclaré à son bord, précisément au niveau de sa proue. Grâce à l’assistance des forces navales d’autodéfense japonaises, le feu fut maîtrisé au bout de douze heures.

Ayant pu revenir à la base navale de Sasebo, l’USS New Orleans fut inspecté par les techniciens du Centre régional de maintenance de l’US Navy [SRF-JRMC pour Japan Regional Maintenance Center]. Ceux-ci déterminèrent que l’incendie, malgré sa durée, n’avait pas compromis la structure du navire. En revanche, ils évaluèrent le coût des réparations à environ 12 millions de dollars.

Comme il est d’usage en pareil cas, le Naval Criminal Investigative Service [NCIS] fut chargé de mener une enquête. Et il vient de rendre ses premières conclusions.

Ainsi, la gravité de cet incendie s’expliquerait par la présence de «matières dangereuses non autorisées» près d’une pile d’une centaine de boîtes contenant du… papier toilette. Celles-ci auraient rendu les systèmes d’extinction automatique totalement inefficaces.

Ces matières «dangereuses», dont des aérosols et une «boîte métallique contenant un liquide inconnu», ont en effet «constitué une source de combustible importante qui a prolongé la durée et l’intensité de l’incendie», avance le rapport du NCIS, cité par Stars & Stripes.

Cependant, ce dernier n’est pas en mesure d’en préciser la cause exacte. Un négligence de la part d’un marin fumeur ou «vapoteur» n’est pas exclue, l’hypothèse d’un acte intentionnel n’est pas non plus écartée à ce stade des investigations.

S’il a salué l’attitude de l’équipage face à ce sinistre, le rapport a cependant noté son incapacité à réagir promptement pour empêcher la propagation des flammes ainsi que son manque de connaissances sur les systèmes de lutte contre les incendies du navire.

En outre, il a recommandé de prendre des mesures disciplinaires à l’encontre de son commandant, du chef mécanicien et de l’officier de bord chargé du «contrôle des avaries» [c’est à lui que revient de diriger la lutte contre un incendie éventuel et d’organiser des exercices pour l’équipage, ndlr].

Quoi qu’il en soit, l’USS New Orleans a repris son cycle opérationnel en janvier dernier. Cela «témoigne de la capacité de l’équipage à surmonter un revers matériel, à en tirer les leçons et à reprendre le combat», fit valoir l’US Navy, à l’époque.

Pour rappel, l’USS New Orleans est l’un des douze navires de type LPD [Landing Platform Dock] appartenant à la classe San Antonio. D’un déplacement de 23 100 tonnes, il est mis en œuvre par un équipage de 361 marins et peut transporter 700 à 800 soldats de l’US Marine Corps [USMC] ainsi que 14 véhicules. Il est doté de quatre hélicoptères et d’embarcations de débarquement, à savoir deux hydroglisseurs LCAC.

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