Dès 2021, soit l’année précédant l’invasion, les services de renseignement américains et britanniques, la CIA et le MI6 avaient été informés d’une possible opération militaire russe en Ukraine. Une hypothèse pourtant mise sous le tapis par les dirigeants politiques européens, révèle une enquête du Guardian.
Alors que la cinquième année de conflit approche, le mardi 24 février prochain, le tabloïd britannique revient sur les mois ayant précédé l’invasion russe. D’après nos confrères outre-Manche, Vladimir Poutine a commencé à envisager l’option militaire au moment de la pandémie de Covid-19. Reclus, le maître du Kremlin s’est renforcé dans l’idée que la souveraineté de l’Ukraine devait passer par ses liens avec la Russie.
Zelensky a-t-il minimisé les alertes transmises ?
Entre l’empoisonnement de l’opposant politique Alexeï Navalny en septembre 2020 et les exercices militaires en Crimée au début de l’année 2021, les faisceaux d’indices se sont enchaînés. Des images satellites ont notamment montré d’importants mouvements de troupes près de la frontière ukrainienne.
Les services américains de la CIA et leurs homologues britanniques du MI6 ont multiplié les mises en garde. Mais, en Europe, ces avertissements n’auraient pas provoqué de véritable électrochoc. À Paris comme à Berlin, l’idée d’un conflit majeur de retour sur le continent restait difficile à admettre.
À Kiev aussi, le scénario d’un basculement brutal a longtemps été écarté. Élu en 2019 avec la promesse de ramener la paix dans le Donbass, Volodymyr Zelensky peinait à envisager que son pays puisse sombrer dans une guerre totale. Selon le Guardian, durant plusieurs mois, le président ukrainien a minimisé les informations transmises par ses propres services de renseignement, préférant ne pas alimenter la panique.
Le quotidien londonien conclut avec une phrase aux allures de maxime : "ne jamais écarter un scénario parce qu’il semble sortir du domaine du rationnel ou du possible”.
Marius Laversanne