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dimanche 30 décembre 2018

Pas de trêve des confiseurs pour les forces françaises anti-jihadistes


Contrairement à ce que laisse entendre le président Trump pour justifier le retrait des militaires américains de Syrie, l’État islamique [EI ou Daesh] n’est pas encore totalement vaincu : le rythme opérationnel de la force « Inherent Resolve », dirigée par les États-Unis, en témoigne. Entre le 9 et le 15 décembre, cette dernière a effectué pas moins de 208 frappes contre les positions jihadistes, essentiellement dans le secteur de Hajine, où les Forces démocratiques syriennes [FDS], dont les milices kurdes syriennes font partie, sont à la manoeuvre.

Le bilan des opérations conduites ces derniers jours n’a pas encore été publié par la coalition anti-jihadiste. Cependant, le dernier compte-rendu des opérations publié par l’État-major des armées précise que les avions de la force française Chammal ont assuré 22 sorties aériennes entre le 19 et le 25 décembre inclus, et que les Rafale de l’armée de l’Air, basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis, ont « conduit 13 frappes », soit autant que pendant les trois premières semaines du mois en cours [une entre le 28 novembre et le 4 décembre, 7 entre les 5 au 11 décembre, 5 entre les 12 et 18 décembre].

De leur côté, les artilleurs de la Task Force [TF] Wagram, déployés en Irak, près de la frontière syrienne, n’ont pas levé le pied. Ayant déjà tenu un rôle important dans l’appui des FDS lors de la conquête de Hajine, les trois CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie de 155 mm] ont été sollicités pour mener 34 missions de tir [éclairement et destruction] au cours de ces derniers jours.

Depuis le début du mois, la TF Wagram a assuré près de 160 missions de tir au profit des FDS, engagées dans l’opération Roundup.

Après avoir « achevé la sécurisation de la ville d’Hajine », en début de semaine, les FDS « poursuivent leur offensive le long du fleuve et ont atteint la localité d’Abu Hassan où Daesh dispose toujours d’une forte capacité de résistance », explique l’EMA, avant de souligner que l’organisation jihadiste garde une « capacité de nuisance en menant des actions clandestines, notamment dans le désert de l’Anbar et sur le plateau d’Hawija », en Irak.

Dans le même temps, les TF Narvik et Monsabert ont poursuivi leur mission consistant à former les forces irakiennes.

Cette semaine, la TF Narvik a ainsi terminé l’évaluation de 300 stagiaires de l’Iraki Counter Terrorism Service (ICTS), lesquels avaient entamé leur formation l’automne dernier.

« Par l’opération Chammal, les armées françaises demeurent engagées, les modalités de l’engagement tenant compte en permanence des réalités du terrain. Les priorités consistent à vaincre militairement les dernières poches de cette organisation terroriste, et empêcher sa résurgence alors qu’elle passe à la clandestinité », fait encore valoir l’EMA.

Par ailleurs, dans la bande sahélo-saharienne [BSS], la force Barkhane a également connu une activité intense lors de la semaine écoulée.

« Le 25 décembre, plusieurs missions aériennes ont été réalisées au profit des unités déployées au sol (show of force, ravitaillement par air, transport de fret). Au sol, des unités de tous les groupements de la force Barkhane étaient engagées aux côtés de leurs partenaires des forces armées maliennes et nigériennes, notamment dans la région du Liptako », affirme l’EMA.

Enfin, l’état-major a donné plus de précision au sujet de la frappe aérienne effectuée par une patrouille de Mirage 2000 dans la nuit du 19 au 20 décembre afin de neutraliser des éléments jihadistes évoluant à la frontière séparant le Mali du Niger. « Cinq terroristes ont été mis hors de combat au cours de cette action », a-t-il indiqué, révisant ainsi à la baisse le bilan précédemment avancé.

La fouille de la position visée par les groupes commandos, appuyés par des hélicoptères de manœuvre et d’attaque, a permis de saisir de l’armement et des munitions ainsi que de récupérer des effets ayant appartenu aux quatre commandos des forces spéciales américaines tués lors de l’embuscade de Tongo-Tongo, en octobre 2017, au Niger. Ce qui laisse supposer que les jihadistes visés appartenaient à l’État islamique dans le grand Sahara [EIGS].