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vendredi 16 mars 2018

L’Otan ne veut pas « d’une nouvelle Guerre froide » avec la Russie




Les relations entre l’Otan et la Russie, en particulier depuis le début des années 2000, ont toujours été compliquées, Moscou reprochant à l’Alliance de vouloir déployer en Europe une défense antimissile. Toutefois, les deux parties arrivaient à se parler, notamment parce qu’elles avaient des intérêts communs, comme par exemple la stabilité de l’Afghanistan et la lutte contre le terrorisme international. Lors du sommet de Lisbonne (novembre 2010), et même après l’affaire de la Géorgie (août 2008), les rapports s’étaient même (pendant un court moment, il est vrai) réchauffés.

Et puis, il y eut l’annexion de la Crimée et le début du conflit dans le sud-est de l’Ukraine (Donbass)… Ce qui donna lieu à un sérieux coup de froid sur les relations entre l’Otan et la Russie. L’on connaît la suite : l’Alliance adopta des mesures de réassurance au profit des pays baltes et de la Pologne, inquiets des intentions de leur voisin et les incidents se multiplièrent, tant dans les airs que sur les mers. Et des commentateurs y virent des relents de Guerre Froide…

Et l »empoisonnement, à Salisbury (Angleterre) du colonel Sergueï Skripal, un ancien officier du renseignement militaire russe « retourné » par le MI-6 britannique, avec une substance de « qualité militaire » n’a pas démenti ces mêmes observateurs. Pour autant, pour le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, il faudrait tout faire pour éviter une « nouvelle Guerre froide ».

« Nous avons ce que j’appellerais ‘une approche à deux voies’ vis à vis de la Russie. Il y a d’un côté la dissuasion, la défense, et de l’autre le dialogue, parce que nous ne voulons pas d’une nouvelle Guerre froide, nous ne voulons pas d’une nouvelle course aux armements », a déclaré l’ancien Premier ministre norvégien, sur les ondes de la BBC, ce 16 mars. « La Russie est notre voisin, donc nous devons continuer à nous efforcer d’améliorer nos relations avec elle », a-t-il ajouté, estimant que « l’isolement de la Russie » ne saurait être une « alternative ».

Cela étant, l’on peut se demander s’il n’est pas trop tard. La course aux armements? Elle est déjà effective, avec les annonces faites le 1er mars dernier par le président russe, Vladimir Poutine, et les hausses des budgets militaires des membres de l’Otan. Sans oublier les multiples foyers de tension, que ce soit en mer Noire ou en mer Baltique, voire dans les Balkans occidentaux. L’on pourrait également citer le cas de la Turquie, qui balance entre son engagement au sein de l’Alliance et son rapprochement avec la Russie, ou encore le retour des grands exercices internationaux, qui ont pris une ampleur que l’on n’avait plus vu depuis la fin de la Guerre froide, comme cela a été récemment le cas en Suède [qui n’est pas membre de l’Otan, ndlr].

« À un moment, la Russie va comprendre qu’il est dans son intérêt de coopérer avec nous, pas d’aller à la confrontation, et nous sommes prêts à le faire s’ils respectent certaines normes et règles de base des relations internationales », a toutefois continué M. Stoltenberg.

S’agissant de l’affaire Skripal, pour laquelle le Premier ministre britannique, Theresa May, a accusé Moscou d’en être à l’origine, M. Stoltenberg fait confiance à Londres.

« Nous n’avons aucune raison de douter des conclusions et des évaluations faites par le gouvernement britannique, notamment parce que cela s’inscrit dans un contexte de comportements irresponsables de la part de la Russie depuis de nombreuses années », a commenté le secrétaire général de l’Otan.