Sauf avis de recherche, nous ne publions plus de photographies, vidéos ou articles d'auteurs d'attentats, afin d'éviter d'éventuels effets de glorification posthume. Les rendre anonymes, c'est les combattre !

lundi 29 janvier 2018

Une application d’activité sportive dévoile les plans de bases militaires top-secrètes et localise les militaires en opérations


Utilisant la fonctionnatlité GPS des téléphones mobiles, l’application développée par l’entreprise californienne Strava suit à la trace les activités sportives de ses utilisateurs. Ce service se veut être un « réseau social pour les athlètes » (tel est son slogan) en permettant aux sportifs de se suivre, d’évaluer leurs performance et de relever des défis.

En outre, Strava publie des cartes sur lesquelles l’on peut voir les déplacements des utilisateurs de cette application. Il est ainsi possible de « visualiser en direct » le réseau « mondial » des athlètes utilisant cette application. Et c’est là que les choses se compliquent.

En effet, les parcours suivis par chaque utilisateur y apparaissent en surbrillance. Si cela ne pose pas de problème (encore que…) dans les pays occidentaux, on peut facilement retrouver, en un coup d’oeil, la trace de militaires déployés sur un théâtre d’opérations extérieur étant donné que la pratique sportive n’est pas généralisée dans les pays où ils interviennent

Ainsi, la carte « Global Heat Map » publiée par Strava Labs dévoile non seulement la position des bases mais aussi les parcours empruntés par les militaires utilisant cette application.

C’est le cas, par exemple, de la base avancée française de Madama, dans l’extrême-nord du Niger. Si les emplacements de la plupart des emprises militaires sont connus, ce n’est pas forcément le cas en Syrie ou en Irak, où des bases plus « confidentielles » ont été établies.



Plus gênant (et dangereux) encore, des utilisateurs de l’application ont gardé sur eux leur téléphone mobile pendant leurs déplacements à l’extérieur de leur base, révélant à leur insu les itinaires utilisés régulièrement dans les zones d’opérations. En clair, un groupe jihadiste peut exploiter ces données afin de préparer une attaque.

« En Syrie, les bases de la coalition (dirigée par les États-Unis) sont de vrais phares dans la nuit. Quelques points lumineux au dessus de positions russes connues, pas de signes notables pour les bases iraniennes », a expliqué Tobias Schneider, un spécialiste des questions de sécurité qui a été l’un des premiers à mettre en garde contre cette application. En outre, ajoute-t-il, « Via Strava, en utilisant des segments prédéfinis, on peut obtenir des données d’utilisateurs spécifiques à partir de profils publics. »

La fameuse zone 51 vue par Strava

« Les données que Strava collecte est un cauchemar sécuritaire pour les gouvernements du monde entier. Les données collectées pourraient permettre à toute personne ayant accès à cette carte de créer un modèle de carte de vie pour les utilisateurs individuels, dont certains peuvent être très intéressants », souligne le site The Daily Beast. Ainsi, d’après ce dernier, la « Global Heat Map » aurait permis de mettre en évidence « l’emplacement du siège du commandement taïwanais des missiles, censé pourtant être secret. »