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mercredi 28 juin 2017

Arrestations à Aubonne : contrairement à ce que la RTS évoque; «Aucune trace d'explosif n'a été trouvée jusqu'ici»


«Ce qui a été trouvé s'agissant de ces personnes démontre une capacité à passer à l'acte relativement rapidement.» C'est ainsi qu'Eric Cottier, procureur général du canton de Vaud, a commenté mardi sur la RTS l'arrestation d'un couple de terroristes présumés révélée lundi soir par «20 minutes».

Quant à la 3e personne, arrêtée vendredi 23 juin, elle a été interpellée près d'un hôtel au bas de la ville de Lausanne où elle avait une chambre, rapporte «24 heures».

Nationalité pas révélée

La police cantonale vaudoise a mené les arrestations avec le soutien de la police fédérale (Fedpol) et «en étroite» coordination avec le MPC. La nationalité des prévenus, en détention provisoire, n'est pas donnée, poursuit le MPC.

Les trois personnes sont accusées d'avoir contrevenu à la loi fédérale interdisant les groupes Al-Qaïda et Etat islamique et les organisations apparentées. Il leur est reproché également d'avoir soutenu, respectivement participé à une organisation criminelle.

Evénement isolé

Ces trois interpellations sont «un événement complètement isolé, il n'y a aucune connexion avec l'arrestation réalisée il y a plus d'une semaine à Meyrin (GE), il n'y a aucun lien avec ça», explique André Marty, porte-parole du MPC.

«Nos collègues du canton de Vaud ont réuni des éléments de preuve qui tendent à prouver qu'un danger imminent n'était pas exclu. Il s'agit maintenant de procéder aux vérifications. L'enquête est en cours pour comprendre leurs intentions», relève le porte-parole.

Scène effrayante

André Marty se refuse à employer les termes de réseau ou de cellule terroriste. «Ces personnes sont en contact. Il n'est pas justifié de parler de cellule du point de vue géographique».

Interrogé sur l'intervention à Aubonne devant un public nombreux, André Marty s'en remet au savoir-faire des policiers qui «savent gérer» de telles situations. La femme arrêtée occupait le siège passager de la voiture avec un enfant sur les genoux.

Risques avérés

Questionné mardi matin par la RTS, le procureur général du canton de Vaud, Eric Cottier, a indiqué: «Ce qui a été trouvé s'agissant de ces personnes démontre une capacité à passer à l'acte relativement rapidement.» Il n'a pas donné d'autres informations.

Expert en sécurité, Alexandre Vautravers n'est pas surpris par ces arrestations. Lors de grosses affaires de terrorisme, «la Suisse s'est malheureusement illustrée.» «A une étape ou à une autre, on découvre qu'un élément de l'enquête est lié à la Suisse», par exemple comme plaque tournante du recrutement, affirme-t-il à l'ats.

Arrestations par vagues

Alexandre Vautravers relève aussi que les arrestations surviennent généralement «par vagues». Même «si la centralisation de la lutte contre le terrorisme est nécessaire et prévue par la loi», il rappelle «l'importance des cantons» dans ce combat.

Aucune trace d'explosif n'a été trouvée lors des opérations menées contre des terroristes présumés le week-end dernier dans le canton de Vaud, indique mercredi le Ministère public de la Confédération. Il précise que les personnes arrêtées sont des hommes.

Interrogé par l'ats, le Ministère public de la Confédération (MPC) complète sa prise de position au lendemain des révélations sur cette affaire. «Aucune trace d'explosif n'a été trouvée jusqu'ici». Il ajoute que «les trois personnes arrêtées vendredi et samedi sont des hommes.»

«Pour les personnes arrêtées, il s'agit de trois hommes», déclare également le procureur général du canton de Vaud Eric Cottier à l'ats. «En ce qui concerne la femme, elle a bien été interpellée et appréhendée à Aubonne, et entendue avant d'être relâchée», ajoute-t-il.

Termes confus

Eric Cottier note qu'il y a peut-être eu une confusion «ici ou là» entre les termes «arrêtée», «appréhendée» ou «interpellée». Lors de la révélation de l'affaire, il était question d'un couple arrêté samedi sur un parking de centre commercial à Aubonne (VD) précédé la veille d'une autre arrestation, à Lausanne selon plusieurs médias.

Dans sa communication, le MPC souligne «que rien ne justifie l'alarmisme, bien qu'il faille rester vigilant». Au niveau suisse, environ 60 procédures pénales sont pendantes dans le domaine du terrorisme à motif djihadiste, une grande partie concernant cependant la propagande sur internet.

ATS