Sauf avis de recherche, nous ne publions plus de photographies ou d'articles d'auteurs d'attentats, pour éviter d'éventuels effets de glorification posthume. Les rendre anonymes, c'est combattre le djihadisme !

lundi 19 juin 2017

Affaire Grégory: les cordelettes


Les nœuds n'ont jamais été défaits. La cordelette (car il n'y en avait qu'une, et non plusieurs morceaux comme on le croit trop souvent. Pourquoi? L'assassin n'avait pas de couteau sous la main?) a été coupée au local des pompiers pour dégager le corps. 3 m 70 de cordelette, d'un seul tenant. Il n'y avait qu'un nœud (de tisserand), celui autour du cou, les deux autres nœuds, aux poignets (devant le corps) et à l'arrière des chevilles, étaient des nœuds à flot.



Pourquoi l'assassin du petit Grégory a t'il attaché l'enfant avec une cordelette en formant une croix de Saint-André?


Grégory avait les poignets et chevilles liés. Les nœuds simples étaient faits sur la face avant au niveau des poignets et sur la face arrière de la base des mollets. La cordelette lui enserrant le cou était nouée à la manière d'un lacet.

Ce genre de cordelette est, parait-il, vendue par un droguiste de Granges-sur-Vologne. Celui-ci dira aux enquêteurs du SRPJ de Nancy : "J'ai comme clients habituels les époux Albert et Monique Villemin, leur fils Michel et Gilbert ainsi que Jacky. Seuls Jean-Marie et Christine ne sont, à ma connaissance, jamais venus chez moi". Il déclarera même n'avoir jamais vendu de cordelette du type de celle qui enserrait l'enfant. Les policiers, malgré leurs vérifications, ne trouveront jamais l'origine de ces ficelles.

Le 15 avril 1985 la police judiciaire de Nancy découvre au domicile de Jean-Marie Villemin 9 morceaux de cordelette absolument identiques à celles ayant servi à attacher le petit garçon ( à noter que la maison à l'abandon durant plusieurs semaine était restée sans surveillance, à la merci de n'importe qui). Et le 23 avril suivant des morceaux de cordelettes semblables ont été découvertes chez Madame Billiet à Grandvilliers sur un tuyau d'arrosage.


Madame Billiet


Ce type de ficelle est rare dans la région. Seul Georges Jacob, frère de Monique Villemin, en possédait une pelote. Des morceaux passent de mains en mains, on se les donne quand on en a besoin. Jean-Marie soutient qu'il a remis un morceau de cette cordelette à Bernard Laroche pour attacher une règle de maçon sur le toit de sa voiture. Ce que Gilbert et Albert Villemin démentiront. Il serait donc vraisemblable que les Villemin, avec Georges Jacob, aient été les seuls à posséder ces morceaux de cordelettes identiques.

Pourquoi ne pas avoir jeté les cordelettes après le meurtre ?. Un oubli tel que celui-ci est contradictoire avec le scénario parfait du crime de l'enfant. Jamais un assassin n'oublierait un de ses éléments criminels...chez lui...! ?


Georges Jacob dans sa cave avec les cordelettes


Pourquoi les gendarmes, au tout début de l'enquête, n'ont pas trouvé ces cordelettes, alors qu'elles étaient visibles...? Les policiers du S.R.P.J. en retrouveront, pas une, mais 9 morceaux...! 

Ce que l'on ne savait pas c'est que les gendarmes n'ont pas dressé le moindre procès-verbal de cette première visite-perquisition...Christine dira que les gendarmes, le soir même de la mort de l'enfant, avaient regardé si le fer à repasser était chaud...mais pas de P.V. non plus. 

Dans les scellés il en manquait une grande partie des 3,70 mètres...Où se trouve le reste...? Devinez...

Le jour où les policiers sont venus chercher les morceaux de cordelettes chez Jean-Marie, le pavillon était vide depuis plusieurs semaines, ayant été déménagé par Monsieur Martial Davide, chez lequel on entreposa les meubles, un mois auparavant. Christine, en tant que partie civile était présente ainsi que son beau-frère Gérard Dintinger. Celui-ci fut convié à rester dehors pendant la perquisition. S'en vint l'histoire des deux tuiles empilées l'une sur l'autre sur le toit. "C'est le vent" conclura un policier (!!). Le beau-frère signalera un grand morceau de cordelette traînant dans la gouttière mais celle-ci "ne nous intéresse pas" lui répondra son interlocuteur...


Le commissaire Corazzi, qui "rajouta" des morceaux de cordelettes dans le pavillon 
afin d'incriminer Christine Villemin


Les seuls morceaux de cordelettes ayant une parfaite similitude avec celles du crime ont été trouvé dans le jardin de Georges Jacob (puisqu'il en possédait une pelote), chez Madame Billiet (d'ailleurs absente lors des scellés et s’apercevra que ce n'est pas sa signature sur ceux-ci !), un de ces morceaux liait le tuyau d'arrosage de Jean-Marie Villemin, et les 9 morceaux dans le pavillon de Jean-Marie dont deux dans la cave, 4 dans le garage fermé, un dans la charpente et deux dans les combles. 

Georges Jacob qui possède un grand nombre de ces cordelettes en a donné aux journalistes et aux gendarmes. Il rajoutera, au procès de Jean-Marie en 1993, que les policiers en avaient prit dans son jardin. "Faux" rétorquera Corazzi, cette cordelette ont en a même pas trouvé chez les commerçants". "Faux !" dira Jacob. "On a tout de même pas fabriqué cette cordelette spécialement pour moi !".

Comme il en "traîne" un peu partout dans son jardin, n'importe qui aurait pu en prendre à son insu. 

Où qu'il n'est pas exclut qu'il en ait donné à d'autres personnes. On ne note pas toujours ce genre de chose...Au printemps 1985 le SRPJ vient prendre 50 centimètres de cordelette chez Georges Jacob. 

Sur aucun procès-verbaux cette saisie ne figurera...! Donc les énigmatiques cordelettes restent....énigmatiques...! 

Le commissaire Corazzi devra s'en contenter...Madame Régine Thuilier, une voisine, a vu en avril 1985 un homme marcher sur le toit du pavillon des Villemin...

Élément essentiel : Le 20 avril 1985 le journal France-soir titrait : "La police est sur le point de trouver la preuve matérielle". Le Parisien Libéré titrait : "La preuve qui fera tout basculer"...Le 25 avril 1985 Corazzi trouvait les cordelettes !! Comment ses journaux pouvaient-ils savoir que 5 jours après, les policiers allaient trouver ces éléments...?? Je vous laisse seul juge de la déduction !

Entre un commissaire "douteux" et un journaliste, en l’occurrence, Jean-Michel Bezzina qui dit un jour à Christine : "L'opinion publique vous jugera et sachez que l'opinion publique, c'est moi !!"

Paul Rochas l'expert qui a analysé les cordelettes déposa auprès du juge Simon : "Le lendemain de mon expertise j'ai téléphoné au juge Lambert pour lui dire qu'à mon avis nous pouvons affirmer que la cordelette sous scellés n°7 (cordelette saisie chez Georges Jacob) était identique à celle qui constituait les liens de la victime. 

Comme il y a eu un silence à l'autre bout du fil, je l'ai interprété à tort ou à raison, comme quelque chose qui troublait le juge Lambert. J'ai pu lui dire à peu près ceci en substance : ce n'est peut-être pas le résultat que vous attendiez, et il m'a répondu que dès lors qu'il y avait une certitude, il n'y avait qu'à s'incliner...". Çà aussi ça ne s'invente pas...!

Egger Ph.