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lundi 19 juin 2017

Affaire Grégory: l’autopsie


Lever du corps vers 21h30 le 16 octobre 1984


Le juge d'instruction d'Epinal donne une commission rogatoire à la gendarmerie de Nancy et chargea le professeur Gérard De Ren et le docteur Elisabeth Pagel, médecins légistes à Nancy, de pratiquer une autopsie. Elle est effectuée le 17 octobre à 16 heures.

Voilà le résultat :

Légiste Elisabeth Pagel. 
Ce docteur, avec le professeur De Ren, pratiqua l'autopsie de Grégory



- aucune trace de violence apparente. Les vêtements sont propres. (NDLA)
- pas de griffures, pas d'égratignures, ni d'écchymoses faîtes par les cordelettes.
- celles-ci étaient probablement destinées à maintenir le bonnet.
- important champignon de mousse au niveau de la bouche et des narines (cadavre relativement frais, origine du brassage air-eau). Ce qui suppose que l'enfant a respiré sous l'eau ou à la surface de l'eau.
- les lèvres étaient cyanosées, les poumons distendus et présentants de nombreuses taches de Tardieu (apparantes lors d'une agonie asphyxique).
- les bronches et bronchioles remplies de spume hydroaérique.
- l'oreillette droite du coeur contenait un sang fluide.(cadavre "frais")
- le foie et reins étaient congestifs (accumulation d'un liquide dans un organe)
- l'estomac contenait une faible quantité d'eau et des résidus alimentaires "ressemblant" à une pomme (confirmation du goûter de Grégory).

Le pharmacien Metaizeau ne trouva aucune trace d'alcool dans le sang. Le docteur Lebreton, expert en toxicologie ne décela aucune trace de liquide volatil ni anesthésique comme l'éther ou alcool à 90° ou chloroforme.

Le docteur Petit qui examina le corps du petit Grégory dès le 16 octobre 1984 à 21 heures 30 estima la mort du garçon vers 18 heures. Mais n'en était absolument pas sûr. Le juge Simon qui reprit l'affaire en 1987 interrogea de nouveau le médecin. Il lui précisa que le corps était souple, la peau "un peu" dure (la rigidité cadavérique apparaît seulement au bout de 4 heures) et la mâchoire fermée. Ce qui voulait dire que le corps avait séjourné un temps "assez long" mais qu'il ne pouvait pas dire combien de temps...!

Le professeur De Ren estima, lui, que le temps de séjour dans l'eau était court.

Les professeurs Marin et Gisselmann, tous deux experts, indiquèrent que la mort de l'enfant était survenu entre 17 heures 15 et 19 heures 15. Mais ils n'ont pas vu l'enfant tout de suite après la levée de son corps hors de l'eau. Son état n'était donc pas le même.

Mais il faut bien reconnaître que le séjour dans l'eau était nécessairement court car les plis de striction de la face dorsale des 2 poignets s'effaçaient par pression tangentielle et étaient donc très superficiels.




Le 9 novembre 1984, Noël Grandjean, garde-champêtre, trouva sur les rives du Barba, près du monument aux morts, dans un petit sapin, une boîte contenant une seringue et un flacon d'insuline "Novo Industrie Pharmaceutique 10 ml NOVO LENTE solution injectable MC 40 UI". Il donna sa trouvaille au Maire de Docelles qui la donna aux gendarmes. 

Le professeur Lebreton, autre légiste, dira : "Grégory noyé dans la Vologne..?? Non..!! Il n'y avait aucun corps étranger dans les poumons...! 

S'il était inconscient lors de l'immersion ? C'est probable mais pas sûr...". 

Le professeur Pagel affirmera que le juge Lambert refusera de faire des prélèvements autre que le sang et les poumons...! 

La conclusion de l’autopsie est que l’enfant est décédé :

“de submersion-asphyxie suivi d’une submersion-inhibition ayant pu être favorisé par le contact du corps dans l’eau froide, entraînant très rapidement un arrêt respiratoire suivi d’un arrêt cardiaque”

Le professeur Lebreton...

Rapport contesté par les professeurs Marin et Gisselmann. Selon leurs avis une hydrocution n'est nullement établie et pensent à une noyade par asphyxie (mais alors pourquoi si peu d'eau dans les poumons ?). 

En effet : 

1) l'enfant a pu être ligoté après sa mort (quel intérêt ? Mise en scène ?). 

2) qu'il ait été assommé après son décès, coup qui aurait pu passer inaperçue lors de l'autopsie lors d'incisions systématiques destinées à déceler des hématomes profonds extérieurement invisibles. 

3) Ou qu'il ait été sujet à une piqûre d'insuline au moyen de la seringue trouvée par Monsieur Grandjean...Pour que l'insuline prenne effet il faut, pour certains experts, une demie heure et selon d'autres une heure et demie....là encore tout est flou...rien est clair...! Tout dépend également de la morphologie du "patient". N'oublions pas que son visage était serein, sans grimace et les yeux ouverts lors de son repêchage.  

Madame Golbain, l'infirmière de la famille Bolle.


Et pourtant, détail important, personne n'a entendu d'enfant crier...

Si quelqu'un essai de vous noyer, vous ne crieriez pas vous...?? 

Donc si l'enfant n'a pas crié et ne s'est pas débattu c'est qu'il était inconscient...

Cette boîte contenant le flacon et la seringue n'était pas là par hasard...Les diabétiques ne se promènent pas avec tout ce matériel sur eux, à part quelques morceaux de sucres, mais pas tout cet attirail...Vous en trouvez beaucoup, vous, des boîtes complètes avec son ensemble d'injection..? 

Cette boîte a été jetée ici parce qu'on l'a utilisé ici, pour un usage précis, à un moment "anormal", prémédité...tout simplement...!

Pourquoi a t'elle ait été jeté du mauvais côté de la rive ! Pourquoi l'avoir jeté dans un sapin au lieu de la mettre à l'eau afin qu'elle ne disparaisse à jamais ?

L'ouverture de l'emballage de la seringue est le même que Madame Golbain, l'infirmière de Jeanine Bolle. Et donc de Murielle, puisqu'elle était présente lors des injections sur sa mère. Celle-ci à la veille de sa mort fit des confidences à son infirmière. Jeanine Bolle croyait à l'enlèvement de Grégory par Bernard Laroche mais pas à son assassinat, son gendre étant manipulé. Elle a reconnu la seringue et l'ampoule d'insuline du même type qu'utilisait Madame Golbain pour faire ses piqûres et le fait que Murielle savait faire ces mêmes piqûres. Elle dira également que Murielle avait bien eut des pressions familiales depuis novembre 1984...!

Le professeur De Ren a même soutenu qu'une noyade dans une baignoire était possible (auprès du juge Simon en 1989).

En effet l'absence de particules minérales et végétales de l'eau de la rivière retrouvée dans les poumons de Grégory peut faire penser également que le petit garçon put être noyé dans une eau de ville, une baignoire ou dans un sceau par exemple...mais il y aurait eut plus d'eau dans les poumons !

Les doutes soulevés par l’autopsie:

Pour le Dr Le Breton, expert en toxicologie qui a analysé les prélèvements autopsiques, l’absence de corps étrangers ou de particules végétales dans les poumons disséqués par le professeur Duprez rend impossible la noyade dans la rivière de la Vologne.

«Il existe nécessairement dans une eau sauvage, et la Vologne est tumultueuse, des micro-organismes minéraux et végétaux en suspension. On en trouve d’ailleurs des milliers dans une seule goutte d’eau de rivière. Or, l’analyse des poumons de Grégory Villemin effectuée par le professeur Duprez nous révèle qu’il n’y a aucun corps étranger ni dans les bronchioles ni dans les alvéoles. Cette constatation a été faite sur les prélèvements effectués sur les cinq lobes des poumons. Cela exclut formellement la noyade dans une rivière.»


Il sous-entend que Grégory aurait pu être noyé dans une baignoire puis être jeté dans les eaux de la Vologne.

Dans un livre intitulé “interdit de se tromper” le Dr Le Breton reviendra sur cette autopsie. Pour lui, il est impossible de mourir de noyade et d’hydrocution, c’est l’un ou l’autre. La description du corps faite par les médecins légistes (bleu, cyanosé, présence d’une spume soit d’une mousse en commissure des lèvres) correspondrait à une noyade.

De même, le Dr Raymond Martin, spécialiste français de médecine légale, écrira :

“on n’a jamais vu ces deux formes de décès coexister. On observe l’une ou l’autre mort, le noyé bleu (noyade primaire, l’individu est cyanosé) ou le noyé blanc (hydrocution, pas d’eau dans les poumons et le corps n’est pas cyanosé), pas les deux à la fois. Selon moi la cause de la mort est la noyade par asphixie car on a trouvé de l’eau dans les poumons et l’estomac et de la spume au niveau de la bouche”


Lors de la reprise du dossier d’instruction par le juge Simon, deux nouveaux médecins légistes, les Dr Marin et Gisselman, sont commis par ordonnance pour étudier les rapports de médecine légale et pour répondre à des questions concernant le décès de Grégory. Ils sont aussi conviés à une reconstitution sur les berges de la Vologne. Selon eux, les données médico-légales montrent que l’enfant a pu être ligoté après sa mort ou être anesthésié avant d’être ligoté et noyé :


“avant d’être plongé dans l’eau, l’enfant a pu être momentanément anesthésié ou rendu inconscient par inhalation d’éther ou chloroforme, soit provoquant la mort soit en supprimant les réactions réflexes lorsqu’il a été plongé dans l’eau” ( ) “l’éventualité d’une noyade préalable dans une baignoire ou du maintien forcé de la tête de l’enfant dans de l’eau éventuellement contenue dans un récipient est possible”


Egger Ph.